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>>Nos équipes ce week end : Aller Saverne, Retour Strasbourg ou gaffe à l’orthographe !

25 novembre 2018
Auteur(e) : 
TVB

Attention ! Les élucubrations qui vont suivre peuvent choquer volontairement les fanatiques de l’égalité des sexes qui aspirent maladivement à prendre des mesures comparatives et ont dû vibrer d’émoi quand Anna Kratochvilova a mis un tour à ses poursuivantes sur 800 mètres avant d’être révélée encore plus dopée que les armoires à glace est-allemande, à l’époque où je regardais assidument les JO à la télé au pays des bisounours dans les 80s. Pour les avocats qui racontent des salades ou les juges et procureurs qui accusent à tort et travers on peut parler de légalité des sexes sans complexe, d’autant plus que ces gens-là passent le plus clair de leur temps dans une robe avec des dentelles et des froufrous, arborant un bibi tomenteux sur la queue de cheval ou la tonsure. Est-on sûr qu’il s’agit alors d’un homme ou d’une femme ? Qu’est-ce qui se cache sous la robe austère de la justice comme le reppelait ce procureur d’opérette sur France Inter dans les années 80 et dont les initiales même (PD) le compromirent dans sa posture la plus sérieuse d’accusateur au doigt levé, imposteur au pied levé.

Pourquoi cette longue diatribe en guise d’introduction me direz-vous ? Vous feriez bien de vous poser la question ! Nos équipes ont joué en arborant de nettes différences sur le fond de jeu et la maîtrise de la balle, ce qui me conduit à m’interroger : L’homme volleyeur savernois peut-il se targuer d’être l’égal de la femme volleyeuse savernoise en ce second week end de gilets jaunes ? Pourquoi l’un perd-il son match en peinant à être égal à lui-même ? Pourquoi l’autre brille par son absence de fautes dès qu’il faut serrer le jeu en étant le dos au mur, alors qu’elle n’est pourtant à la base qu’une côte de plus … mais une côte hors catégorie si l’on prend une métaphore cycliste en pensant au peloton qui grimpe les cols des Alpes aussi facilement qu’un lutteur russe jongle avec un lutteur français pour mieux l’écraser au sol dans ce sport étrangement baptisé lutte gréco-Romaine, sans doute en hommage à Juliette Gréco qui nous a laissé des tubes comme « Jolie môme » entre autres.

Adoptons alors une démarche scientifique et examinons à la loupe les loupés de nos camarades masculins vendredi soir. Deux sets de cauchemar pour les compères d’Eric en pleine saison des vendanges. Vendange au service, vendange en réception, quelques chaussettes, quelques attaques dans le mur, quelques quéquettes défendues car trop précocement exhibées, quelques renversements de jeu qui n’envient rien à la célèbre crème renversée. Bref, même si l’adversaire était jeune et inspiré, le jeu des savernois était une synthèse de ce qu’il ne faut pas faire. Décontenancé par la prestation de ces joueurs que je sais capable du meilleur, je peinais à identifier le barbu raseboule qui coachait la jeune équipe de Strasbourg Volley. J’en profitais pour rechercher dans mes archives photo et je retrouvais un jeune Manu Leroyer chevelu sur une vieille photo lembachoise 30 ans plus tôt. Saverne ne jouant pas beaucoup mieux malgré quelques exploits défensifs d’Hugo notre prématuré senior plein d’avenir, quelques étincelles sporadiques de Flavien (qui était le seul à ne pas avoir succombé à la tentation de consommer des frites pendant le temps mort), je continuais mes investigations en allant observer les noms inscrits sur la feuille de match. Le nom du coach était mal écrit mais un jeune joueur au nom bien écrit cette fois, éveilla mon attention. Et là ! Révélation ! C’était bien Manu le coach, et celui qui me permit de le reconnaître à coup sûr, c’était son fils qui jouait dans l’équipe strasbourgeoise. Il y a des airs de famille qui ne trompent pas (quelle ressemblance au même âge !) et c’est bien la première fois que je reconnais un père grâce à son fils, un nom du père grâce au nom du fils et du saint esprit du tenancier de la feuille de match qui, la frite en bouche et la cannette à la main a facilité mon enquête, mais lui n’est pas mon fils … Nom de Dieu ! Ainsi soit-il ! Amène-toi pour le troisième set Manu ! Tu vas assister au réveil des savernois hyper-testiculés et remontés comme des pendules ! Et là ca va être moyen-âgeux !

Guilaine est bien inspirée et réhabilite 2 centraux bien raides comme on sait en produire à Saverne, Pascal et Hervé le poulpe. Fiction ou science, Saverne domine les jeunots et les malmène à qui-mieux-mieux. La salle exulte mais gégé l’arbitre imperturbable demeure incrédule devant le baroud d’honneur des savernois. Je l’imagine maugréer « p’tain y vont papa me faire un 3-2 ces cons, j’ai pas qu’ca à faire moi ! », mais le connaissant passionné par son sport je sais qu’il s’amuse intérieurement à l’idée de voir une empoignade masculine opposant 2 générations éloignées tourner au dramatique ! On arrive à 20 partout à peu près avec des occasions manquées pour Saverne qui retombe dans ses pêchés mignons des 2 sets précédents et l’affaire est dans le sac. Pendant que je congratule Manu le coach strasbourgeois, un de ses jeunes joueurs vient lui dire qu’il ne veut pas prendre de douche. Ah ces jeunes ! Y a plus de respect ! Et il croit qu’il va empester dans la bagnole du coach jusqu’à Strasbourg !?? Ce dernier lui explique qu’il va rentrer à pied si … ah les hommes et l’hygiène des fois … quand il y a l’hygiène, y a pas de plaisir.

Néanmoins, le buffet organisé par les gars de l’équipe 2 masculine vient se hisser au niveau des buffets que j’ai connu organisés par les équipes féminines. L’homme savernois pourrait-il bientôt revendiquer d’être en troisième mi-temps l’égal de la femme du cru ?

Les femmes parlons-en ! Question hygiène et look des joueuses, Saverne resplendit samedi soir dans ses maillots Bockel. Une pure merveille ! On dirait des papillottes ! Au moment de mon arrivée tardive, Saverne malmène une équipe de bleu marine vêtue et dont je reconnais les joueuses au point que pendant 3 heures je vais être persuadé que nos savernoises affrontent la redoutable Constantia Strasbourg. En fait je l’apprendrai fortuitement en palabrant avec Laurent leur coach (encore un vieux de la vieille d’une époque où les joueurs hargneux étaient adulés en Alsace) j’apprends que l’équipe est une composition originale baptisée IMANA.

Saverne mène nettement dans le premier set 16-10 et pilonne un adversaire faillible en réception. Rejoignant un banc de supporters après avoir salué le Président Alain Bohn radieux de voir l’équipe féminine performer cette saison, je m’assois auprès de Peli et l’enthousiasme de Charlotte privée de ce match pour cause de blessure, endolorit rapidement mon tympan droit. Pendant que Jean sirote une brique de jus d’orange suspect sous le nez de son père (je vous l’ai dit ce n’est pas moi !), une joueuse d’IMANA Coralie Wehrle je crois, très constante au service s’acharne sur nos pauvres réceptionneuses locales et comble l’écart à la stupéfaction générale et comme la libéro Nathalie Terrier défend tout et plus que tout, le gain du set pour Saverne devient un fruit défendu. Saverne sèche à 19 et IMANA tranche le set à 25-19.

Le second set semble au début punitif et les savernoises souffrent autant que les masculins la veille. L’égalité de traitement, ou plutôt de mauvais traitement, qui s’ensuit doit beaucoup au travail de sape d’Alice Couegnas et de Nathalie Holtzscherer dont la vision de jeu est au dessus de la moyenne et au dessus de nos moyens de lecture en défense. On s’affale au sol comme un cheval qui rate une haie à l’hippodrome d’Auteuil. La passeuse d’IMANA Laurie Niess joue dans un fauteuil en recevant des relances parfaites qui facilitent le jeu rapide, démarquant Aleksandrina Yankova. La jeune capitaine Emma Barthel est très autoritaire au filet avec une accélération de l’épaule pour balancer un pain qui pousserait tout gros beauf’ aspirant à la goujâterie à se questionner sur la puissance de la torgnole potentielle qu’il dégusterait. Saverne souffre mais ne baisse pas pavillon. Mes pavillons n’en sont pas pour autant épargnés par ma voisine qui vit la dramatique du match de l’intérieur vers l’extérieur. Certes on déplore les fautes savernoises sur le banc de touche où le coaching tricéphale d’Anne+Ivan+Claire se torture les neurones et les synapses pour résoudre les choix offensifs inappropriés de nos ailières peu zélées face au contre. On essaie de plonger Karina ou Léa dans le bain bouillonnant d’un adversaire en pleine ébullition. Saverne remonte tant bien que mal mais doit sauver une balle de set sans être très rassurant à la finition. L’arbitre irréprochable du jour Remi Baruthio célèbre pour sa perception des ultra-sons qui lui permet de juger une balle collée rien qu’à l’ouïe est en état d’hyper acousie au détriment des savernoises sur la balle de set et c’est Amélie qui se voit santionnée lors d’une tentative de passe au niveau du nombril. Damned ! IMANA signe un 25-23 mérité devant des savernoises pas encore assez méchantes dans leurs intentions, et ce n’est pas faute de leur hurler depuis notre banc public sur lequel nous les aimons autant que possible sans pour autant nous bécoter ! Ma voisine est décontenancée et sa camarade basketteuse supportrice exceptionnelle semble dubitative sur les chances de victoire de Saverne, sans comprendre nécessairement toutes les subtilités de ce sport insolite qui nous émeut. Peli est intrigué par les photos zoom du match que je lui montre, Jean est prêt à aller loin pour que son équipe favorite gagne … très loin !

Les vieux habitués sont contrits par ce score de 2-0 contrariant nos espoirs les plus fous. Alors je dis bien haut et fort au début du troisième set : « le troisième set, c’est le set le plus dur à gagner, non ? ».

Je compte sur l’effet papillon de mon propos capable de semer le doute, qui sait ? Mais IMANA a son destin bien en main et ne semble pas faillir en ce début de troisième set. Tout à coup Lucile se fâche tout rouge au service et vient exploser la capitaine adverse qui montrait quelques signes de fébrilité. Le score se rééquilibre, la bataille est splendide. Quand Marylène ne peut pas prendre la passe, Louise la trouve tout de suite aux 3 mètres et notre passeuse sait attaquer et enchaîner les points. Marylène est diabolique au service, mais aussi en défense et parvient à compenser les réceptions moyennes qui arrivent. Sa maman supportrice du jour en est fort aise. Toutes les joueuses savernoises se rebellent vraiment, comme un seul homme et pas comme les masculins du vendredi soir. Mes repères sur l’égalité se brouillent d’autant plus que Saverne prend l’avantage. Ah elles sont belles à voir ces révolutionnaires rouges : Elles font corps, elles font bloc, elles ont une âme ! Amélie punit les attaquantes imaniennes avec des contres vengeurs, et dans le terrain, sécurité sociale oblige. Guilaine joue au chat et à la souris s’y reprenant à 2 fois pour conclure ses points, mais les conclut par trois fois. Havva et Lucile inventent de la variété et des astuces pour se jouer des contreuses adverses avec une délicieuse perfidie. Je soupçonne alors l’arbitre d’une mauvaise pensée genre « p’tain y vont papa me faire un 3-2, j’ai pas qu’ca à faire moi ! », mais c’est mal connaître Remi qui effectue ses performances arbitrales en mode sacerdotal heureux d’œuvrer à une dramatique shakespearienne. Le set est incertain mais les savernoises se subliment au bon moment et lorsque le score de 25-21 pour Saverne est confirmé, ma voisine se pâme et atteint un niveau de transe digne du point culminant d’une rêve-party. Saverne peut rêver de victoire en ayant conjuré la défaite 3-0.

Alors je dis bien haut et fort au début du quatrième set : « le quatrième set, c’est un set dur à gagner quand on mêne 2-1, non ?

Embarquement immédiat pour un set encore plus tendu. Le déroulement du set annihile progressivement les espoirs d’un public qui voit IMANA mener et s’offrir des balles de conclusion chaque fois sauvées par un petit miracle des rouges aidées par les Dieux du volley qui ont peut-être déjà choisi leur camp. Les stridulations de Charlotte dans mon tympan droit à chaque vague rouge et chaque ressac bleu marine, donnent le ryhme de la houle à cette poignée de supporter qu’on croirait devenir foule. Quelques miracles surviennent comme la multiplication des pains à l’attaque avec Guilaine, les réceptionneuses qui marchent sur l’eau, les aveugles qui recouvrent la vue avec nos attaquantes soudain inspirées, et la résurrection finale en empochant le set 28-26. Ma voisine est dans un état indescriptible qu’on atteint généralement dans d’autres circonstances plus inavouables qui pimentent notre libidineuse jeunesse. La contagion du phénomène gagne Peli et Jean qui en bons hétéros gigotent et applaudissent.

Alors je dis bien haut et fort au début du cinquième set : « le tie-break, c’est un set dur à gagner quand on s’est fait remonter non ?

Mais nul besoin d’enfoncer le clou car les sympathiques imaniennes sont dans le doute et la malédiction divine qui les touche crispe leurs gestes. Aucune ne surnage et malgré de réels efforts tout sourit à Saverne comme par exemple une défense du pied de Havva qui arrive aussi bien dans les mains de sa passeuse que si elle avait pris ses 10 doigts, un service dehors que la libéro devenue parano tente de réceptionner, une seconde main de Marylène qui fait se télescoper les 2 vaillantes imaniennes en mode plongeon sauvetage. C’est sur le score de 15-7 que le supporter le plus vitaminé du jour passa devant l’objectif du photographe qui guettait la liesse de l’équipe rouge en levant les mains au ciel pour montrer son nombril, unique attribut commun de l’homme et de la femme, un nombril que l’homme parvient généralement à contempler plus facilement sans contourner d’obstacle. La joie des joueuses et des coachs, des cadres et des supporters est visible sur de nombreux clichés particulièrement compromettants dont je ne peux que pousser à la large diffusion. Les savernoises sont en tête de leur championnat mais d’autres équipes prétendantes sont prêtes à les recevoir. Bravo et rdv à Haut-Barr le samedi 1/12 pour un spectacle aussi vibrant avec une équipe autorisée à aligner sa nouvelle recrue Joan qui a faim de victoires et ne tarit pas d’éloges sur ses nouvelles partenaires.

Je vais être vieux-jeu pour les supporters qui ont fait une pancarte « ALLER-SAVERNE ! ». Il faut mettre un Z et pas un R ! Mais ce Z comme zéro n’a-t-il pas conjuré le scénario d’une défaite 3-0 ? Soyons beau joueur alors car la viquetoarre n’a pas besoin de perfection orthographique !


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